ActusAix-en-ProvencePéage urbain - Faudra-t-il payer 5 euros pour entrer dans Marseille ?

Péage urbain – Faudra-t-il payer 5 euros pour entrer dans Marseille ?

Le Gouvernement a annoncé vouloir mettre en place des péages urbains pour les voitures qui entrent dans les grandes villes de plus de 100 000 habitants. Marseille et Aix-en-Provence pourraient donc être concernées et la taxe serait directement reversée à la Métropole.

Si le principe existe déjà dans de nombreuses villes et depuis longtemps, comme à Milan depuis 2011 ou à Londres depuis 2003, en France, il fait office de vraie nouveauté.

Selon François de Rugy, les villes et métropoles choisiront elles même si elles veulent ou non instaurer ce péage urbain. L’objectif serait de « limiter la circulation automobile et lutter contre la pollution et les nuisances environnementales ».  Le projet de loi devrait être présenté au Conseil des ministres à l’automne et au Parlement en janvier ou février prochain.

Pas de barrières physiques mais des caméras et du marquage au sol

Pour assurer le contrôle du péage, pas question de mettre en place des barrières physiques. Les solutions techniques existent comme à Stockholm, Londres ou Milan. Les passages des automobilistes seraient comptabilisés par un téléservice pour établir une facture qui serait envoyée en fin de mois.

Le péage urbain, solution durable ou mesure discriminatoire ?

Le Grenelle de l’environnement organisé en 2007 avait prévu des expérimentations de péages urbains, mais selon le gouvernement « les critères de mise en place étaient tellement restrictifs qu’aucune expérimentation n’a pu être mise en place ».

Le texte prévoit un péage plafonné à 2,50 euros pour les véhicules légers voulant entrer dans les grandes villes. Un tarif qui pourra être multiplié par 2 dans les villes de plus de 500 000 habitants, donc 5 euros pour Paris, Marseille et Lyon. Les véhicules lourds pourraient payer plus, jusqu’à 20 euros pour les plus gros camions.

Des forfaits pourraient par ailleurs être appliqués pour ceux qui font le trajet quotidien et la gratuité sera proposée aux conducteurs « dont le domicile ou le lieu de travail est situé dans la zone soumise à tarif de congestion », comprenez ceux qui habitent en ville pourront se déplacer gratuitement en ville. Seuls ceux qui entrent dans la ville devront payer. La gratuité pourrait aussi être appliquée aux véhicules d’intérêt général, appartenant au ministère de la défense ou assurant un transport public. Pour l’instant aucune prise en compte des revenus des conducteurs n’est envisagée, faisant ainsi grincer les dents de beaucoup d’opposants.

A Paris, l’idée pourrait faire son chemin mais sous condition explique le HuffingtonPost « D’abord opposée à cette idée, craignant un effet de ségrégation entre les Franciliens, Anne Hidalgo ne dit plus non à un péage urbain à Paris, d’après Les Échos. À deux conditions: la mise en place de compensations (réduction du prix aux heures creuses, financement de la gratuité des transports en commun), et qu’il y ait consensus au niveau du Grand Paris. »

Samia Ghali favorable au péage « pour les non-Marseillais »

En marge du conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence ce matin, Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône et maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille s’est déclarée « favorable à cette mesure qui pourrait réduire considérablement la pollution de l’air à Marseille. Mais le péage doit concerner les non-Marseillais ».

La métropole devrait être compétente pour gérer cette question dans la ville. Si la présidente, Martine Vassal, ne nous a pas encore exposé officiellement sa position pour un péage à l’entrée de Marseille, une source proche nous a indiqué qu’elle y serait défavorable.



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